La platine Phonosuper SK 4 de Braun

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Une star du design, le Phonosuper SK 4 : le style du vinyle en un coup d’œil

Des lignes et des éléments de commande claires : Dans les années 50, la platine Phonosuper SK 4 révolutionna le design des appareils électroménagers. Son couvercle en PLEXIGLAS® lui valut le surnom de "cercueil de Blanche-Neige".

Les tourne-disques sont des appareils extrêmement sensibles. Le moindre grain de poussière, la plus petite trace de saleté, peuvent abimer l'aiguille ou le disque. Un couvercle est donc tout sauf superflu. Le hic ? Les amateurs de cette platine redevenue à la mode aiment à observer le mouvement du disque. Pour les satisfaire, en 1956, Braun, le fabricant de produits électroménagers, avait déjà la solution : son combiné radio-phono, le Phonosuper SK 4, était doté d'un couvercle transparent en PLEXIGLAS®.

Un design produit novateur

Jusque dans les années 50, un tourne-disque était, le plus souvent, un appareil massif et volumineux en bois sombre. Mais le Phonosuper SK 4, conçu en 1956 par deux concepteurs renommés, Hans Gugelot et Dieter Rams pour la société Braun AG, était tout autre : il était tout simplement remarquable de simplicité et d’élégance. Avec le corps en tôle laquée blanc, alliée à un couvercle transparent, le produit était à la fois élégant et moderne. Les deux montants latéraux en bois référaient au style d’ameublement de l’époque.

Phonosuper SK 4 von Braun

Un design novateur fonctionnel

Les designers mirent les caractéristiques fonctionnelles du combiné radio-phono en avant. En plaçant visiblement les commandes sur le dessus de l’appareil, ils en accrurent la convivialité.

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Un couvercle transparent

Avant-gardistes du design

En tant que concepteurs de la société Braun AG, Dieter Rams et Hans Gugelot, donnèrent le jour à une nouvelle génération d’appareils électroménagers qui ravit les ménages du monde entier. Tous leurs concepts réfèrent à la théorie de l’école supérieure de design d’Ulm. En plus du Phonosuper SK 4, ces deux concepteurs de produits comme de mobiliers peuvent également se targuer d’être à l’origine du rasoir Sixtant 1, du récepteur universel T 1000 ou bien encore de l’enceinte électrostatique LE 1.

À l’origine, le couvercle du Phonosuper SK 4 avait été prévu en tôle. Mais il s’avéra qu’à plein volume, un couvercle en métal risquait de produire des claquements. C’est alors que Dieter Rams eut l’idée d’utiliser le PLEXIGLAS® pour réaliser le couvercle. Les deux concepteurs choisirent le verre acrylique de marque de la société Röhm & Haas, aujourd’hui connue sous le nom d’Evonik, pour ses qualités remarquables en matière de résonance. Qualités auxquelles on avait déjà eu recours, dans les années 30, pour réaliser des instruments de musique. Résultat : le SK 4 fut en soit une révolution en matière de design produit et influa sur les décennies suivantes, faisant du PLEXIGLAS® un matériau indispensable en matière de design et d’architecture. Une anecdote amusante : comme pour le scooter à cabine Messerschmitt, le couvercle en PLEXIGLAS® du Phonosuper SK 4 lui valut d’être surnommé « le cercueil de Blanche-Neige ». Le plus drôle, c’est que ce surnom lui fut donné par son créateur, Hans Gugelot, qui pensait alors que l’usage du PLEXIGLAS® n’était que le fruit d’un engouement passager – on sait aujourd’hui combien il se trompait alors.

Phono-Abdeckhauben aus PLEXIGLAS®

Des couvercles transparents

Les couvercles transparents, comme celui du SK 4, furent tout d’abord réalisés avec des plaques de PLEXIGLAS® encollées. Par la suite, ils furent essentiellement faits par injection de masses de moulage en PLEXIGLAS®. Cette évolution permit d’en accroître la rentabilité, notamment pour les productions de masse, tout en offrant des possibilités quasiment infinies aux concepteurs pour la définition des angles et des arêtes.

©Evonik Industries AG, Konzernarchiv Hanau